Une vie « normale » à Alger

El Âaryane

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De nos jours, l’homme (ou la femme) est rarement nu et dans quasiment toutes les sociétés modernes, les hommes s’habillent. Et ça ne date pas d’aujourd’hui, mais plutôt de la nuit des temps, quand l’homo-sapiens qui n’avait pas trop d’occupations à l’époque, n’a rien trouvé de mieux que d’inventer ce que l’on appelle aujourd’hui la pudeur (désolé, mais je suis incapable de vous donner le terme en langue Sapiens). Et depuis, cette pudeur n’a cessé de se développer et au fil des âges, on est passé de la feuille de vigne aux tenues actuelles on ne peut plus complexe, comme le Tchador ou la Burqa dans les cas les plus extrêmes.  Mais un seul peuple n’a pas été touché par ce phénomène : il s’agit bien sûr des Algériens. Certes, les Algériens sont très pudiques, mais les « hommes nus » (Laâraya) pullulent aujourd’hui dans nos rues. Où que l’on aille, « l’homme nu » est toujours présent pour nous déranger. Même chez-nous, « l’homme nu » trouve le moyen pour nous embêter. Cependant, ce qu’il faut savoir, c’est que le terme « homme nu » (Âaryane) en Algérie ne désigne pas cet être dénué de pudeur qui s’exhibe dehors en costume d’Adam, mais tout-à-fait le contraire. En effet, « l’homme nu » comme tout algérien, est une personne très pudique qui s’habille normalement, dans l’air du temps. Cependant, il suit une ligne de conduite bien précise et il est très facilement identifiable. Tout d’abord, « l’homme nu » suit un code vestimentaire très strict. « L’homme nu » en Algérie est « sur-vêtu », vu qu’il porte en général des survêtements. De plus, « l’homme nu » du fait de son extrême pudeur, se cache même les cheveux et ce en ayant constamment une casquette sur la tête. Cependant, même si le terme « homme nu » est au singulier, celui-ci n’est jamais seul. Oui, « l’homme nu » circule en « meute ». Toujours en compagnie de collègues « hommes nus », il n’est jamais seul. Je ne sais pas si ce fait est en relation avec l’instinct de conservation, mais il doit y avoir quelque chose du genre. Avec ses collègues, « l’homme nu » est constamment en train de rôder, en général dans les rues de son quartier. De plus, « l’homme nu » adore embêter les gens. Que ça soit un homme, une femme, un enfant, un chien, « l’homme nu » incommode tout le monde. Quand c’est un homme, « l’homme nu » fait un commentaire pour l’enquiquiner. Quand c’est un chien, « l’homme nu » feint l’aboiement pour le sortir de ses gonds. Mais ce que « l’homme nu » adore en particulier embêter, c’est bien sûr les femmes. Déjà, dès qu’une femme passe à côté de lui, « l’homme nu » la « scanne » avec son regard gênant. Ensuite, il lui lance quelques uns de ses commentaires à deux balles. Et si la femme ne daigne pas lui répondre, « l’homme nu » use de son riche vocabulaire on ne peut plus vulgaire et en arrive aux mains dans certains cas. Pourquoi tout ça ? Car « l’homme nu » chôme. Souvent doté de capacités intellectuelles limitées, « l’homme nu » ne peut accéder à des postes de travail élevés. Et les boulots qu’il pourrait faire ne l’intéressèrent pas, car « l’homme nu » déteste trimer et adore l’argent facile. Cependant, quand il lui arrive de travailler, c’est pour faire de petits business comme :

- « Tabla Dokhanne » (la vente de cigarettes) : « l’homme nu » adore ce métier, car il n’impose pas d’horaires stricts et ne chamboule pas ses habitudes. Cependant, ce métier recèle un inconvénient : « l’homme nu » doit se déplacer de temps à autres pour acheter la marchandise.

- La vente de bric-à-brac aux souks (Laâqiba/Dlala, Oued Kniss…) : un métier qu’affectionne particulièrement « l’homme nu », car il ne lui prend pas beaucoup de son temps (Deux heures par jour en moyenne). Cependant, ce métier recèle aussi un inconvénient : le fait que « l’homme nu » doit se déplacer quotidiennement hors de son quartier, dans le cas où il habite loin de ces Souks.

- Le « Parkingage » : un métier taillé sur mesure pour « l’homme nu », car au fait, il ne change rien à ses habitudes. Et à son réveil, il s’installe dans son quartier, fait mine de les guider les gens quand ils viennent stationner leurs voitures et perçoit en contrepartie une rémunération.

Cependant, si « l’homme nu » ne s’adonne pas à ce genre de boulots, il ne fait rien d’autre et son argent, il l’obtient en volant, en cambriolant, en agressant les gens et parfois, en « dealant » de l’herbe.

Aujourd’hui, « l’homme nu » est en prison. A cause de son affection pour l’argent facile, le voilà en cage pour la énième fois. A quarante ans, il a passé quasiment plus de la moitié de sa vie en cellule et dès qu’il en sort, il s’arrange très vite pour tomber en rade au bord de « l’autoroute de la rapine », pour faire du stop à la première patrouille de police qui passe. Sans aucune vie sociale, « l’homme nu » ne peut plus vivre hors de ce qui est devenu aujourd’hui son milieu naturel, la prison, où il finira probablement sa vie.

Amine B.

18 juillet, 2009 à 0:42 | Commentaires (0) | Permalien


Cetel’aime la pauvreté

cetelaimelapauvrete.jpgDepuis quelques années, nous assistons à une augmentation exponentielle de la consommation des ménages en Algérie. Les Algériens et Algériennes n’ont découvert que récemment le crédit à la consommation et en abusent même. Il n’y a qu’à faire un tour à Alger pour le remarquer : le parc automobile ne cesse de croître (il est même devenu le plus grand du Maghreb), les magasins pullulent et sont toujours pleins à craquer et les Algériens achètent quasiment n’importe quoi. Tout cela grâce au crédit conso. Le crédit conso serait-il une bénédiction divine ? A-t-il réglé tous les problèmes des Algériens ? C’est loin d’être le cas. Certes, aujourd’hui, quasiment toutes les personnes qui travaillent possèdent leurs propre véhicule, mais ce n’est pas exhaustif de dire que leurs niveau de vie s’est amélioré. Bien au contraire, avec le crédit conso, il se détériore. Au fait, le crédit conso n’est qu’une illusion : en effet, il ne fait qu’imputer les dépenses d’aujourd’hui sur le revenu de demain et donc d’appauvrir la personne qui se fait prêter de l’argent : si les revenus anticipés baissent, leurs espérances baisse aussi et l’agent économique devient plus pauvre.

De plus, les Algériens  ne se contentent pas de contracter pas un seul crédit, mais plusieurs : dans un premier temps, ils contractent un crédit automobile, un crédit d’une grande nécessité à Alger. S’ensuit des crédits consos en tout genre, qui au final, n’appauvrissent plus les algériens, mais les anéantissent. Des crédits on ne peut plus anodins : à titre d’exemple, le crédit mariage, le crédit téléphone mobile!!!! Et ces organismes qui n’ont que pour seul but le profit, n’ont même pas honte de proposer ce type de crédit.

Aussi, les taux d’intérêts que ces prêteurs nous proposent sont excessivement chers et personne ne les connait réellement : il n’est pas étonnant d’entendre leurs commerciaux nous signifier que c’est le logiciel qui les calculent et qu’ils sont incapables de nous dire avec exactitude les taux appliqués. Je l’ai même demandé à un ami qui travaille au sein d’un organisme spécialisé dans le crédit conso, qui m’a répondu que lui-même ne connaissait pas les taux appliqués, cependant, la seule chose dont il était certain est le fait que ces taux d’intérêts étaient vraiment très élevés.

La chose qui m’a le plus choqué, c’est les critères qu’utilisent ces organismes pour octroyer un crédit. Saviez-vous que le critère d’éligibilité le plus important est que le salaire de la personne, amputé de l’annuité (la mensualité), doit être au minimum de 12.000 D.A. Donc, si une personne qui a un salaire mensuel de 24.000 D.A par exemple, peut contracter un crédit qui fait qu’elle doit payer une mensualité de 12.000 D.A. En résumé, cela veut dire qu’un Algérien, ou pis encore une famille algérienne, peut « vivre » avec 12.000 D.A/mois, soit 150 dollars/mois, et donc 5 dollars/Jour .Une insulte à l’être humain en général et à l’Algérien en particulier.  Une famille tout entière qui « survie » avec 400 D.A/Jour : Quand on connait les prix en Algérie, on peut constater avec grande tristesse que c’est inconcevable. Il ne faut pas oublier aussi les frais d’entretien qui s’affèrent aux produits auxquels on s’est fait prêter de l’argent (par exemple, l’entretien d’une voiture). Et souvent, les Algériens contractent plusieurs crédits. Sommes-nous en train de rêver ? Au fait, nous nageons dans un effroyable cauchemar et le crédit conso, tel engrenage machiavélique, nous entraîne au plus profond des abysses de la pauvreté.

Oui, aujourd’hui, « à cause du crédit conso », nous avons tous des télévisions, des voitures, des téléphones, des frigos…Jusqu’au jour où l’illusion s’estompe, quand on n’a plus de quoi subvenir à ses besoins les plus primaires, ou quand l’huissier de justice frappe à notre porte. Après, ce n’est pas étonnant de voir (une scène qui m’a vraiment choqué), une femme au bord d’une voiture française (je ne vous dirai pas le modèle de la voiture, sauf que son nom débute par les lettres « CL » et qu’il finit par les lettres « IO »), qui demandait au pompiste de lui mettre 50 D.A de carburant. Où encore une personne qui gare sa voiture dès qu’elle tombe en panne. Ce n’est pas une fiction, mais une tragique réalité.

Au final, beaucoup de questions restent en suspend : Comment ces organismes se permettent de fixer la consommation incompressible d’un ménage algérien à 12.000 D.A et ainsi de nous imposer leur dictat de crédit conso ? Réponse : la pauvreté, qui nous laissera toujours dépendant de leurs crédits « appauvrissant ». Mais quel avenir pour l’Algérien surendetté ? Le futur ne tardera pas à nous le dire…

Amine B.

 

6 juillet, 2009 à 17:57 | Commentaires (0) | Permalien


Le Golfeur

golf.jpg« Le Golfeur »

Le terme Golfeur (ou la Golfeuse) désigne un sportif qui pratique le Golf, un sport Anglais « bourgeois », qui consiste à envoyer en un minimum de coups, des balles dans des trous. Cependant, en Algérie, ce terme désigne tout autre chose. En effet, le terme Golfeur en Algérie, désigne un sportif (qui ne pratique pas le Golf mais plutôt la F1) qui conduit la berline compacte de Volkswagen, la Golf (ou la « Guelloufa » pour les plus intimes). Pour le Golfeur, cette dernière est considérée comme le « Nec Plus Ultra » des voitures. Au souk, toutes les voitures, qu’elles soient allemandes, japonaises, françaises, perdent de leurs valeurs. Mais la Golf se déprécie moins que les autres. Et ce n’est pas tout le monde qui peut conduire la Golf : Il faut être Golfeur pour pouvoir le faire. Oui, le Golfeur n’est pas une personne comme les autres. En effet, pour être Golfeur, il faut au préalable être prédisposé génétiquement, et le LARV (Laboratoire Algérien de Recherche Vétérinaire) l’a démontré : le Golfeur diffère des autres humains au niveau du gène 1q34. En plus, pour être Golfeur, il faut respecter un certain code vestimentaire. Oui, le Golfeur met une casquette. En effet, rares sont les fois où l’on voit un Golfeur sans casquette. Comme les « vrais » golfeurs (ceux qui pratiquent le golf), le Golfeur (cette fois-ci celui qui conduit la Golf) n’enlève jamais sa casquette. Cependant, vu le sport qu’il pratique (la F1), il aurait été préférable pour lui de porter un casque plutôt qu’une casquette. Oui, le Golfeur est un pilote hors normes. Sur l’autoroute, le Golfeur est roi. Toujours pressé, le Golfeur ne respecte jamais le code la route. C’est un vrai « Souague » : il roule à des vitesses supersoniques, double à droite, roule sur la bande d’arrêt d’urgence, fait des queue-de-poissons aux autres conducteurs, abuse de l’appel de phare et du klaxon… Et l’un de ses trucs favoris est de coller les voitures et de leurs faire des appels de phare. Bref, quand le Golfeur monte dans sa Golf et met de la musique à fond, il est au dessus de toutes les lois. Oui, le Golfeur à une discothèque dans sa voiture. Ce n’est pas une sonorisation qu’il possède, mais une vraie discothèque, très très très puissante. Et quand il s’ennuie,  il ouvre le coffre de sa «  monture », et met de la musique à fond. Bref, le Golfeur, bien qu’il soit un incollable du « tapage », affectionne particulièrement le « tapage nocturne », et tard le soir, il adore rouler en mettant de musique à fond, et déranger les gens. Et n’importe quelle occasion est bonne pour faire du tapage : un match de foot, un mariage, un résultat de bac, n’importe quoi, le Golfeur est un mélomane qui aime faire écouter sa musique aux autres, même si ce n’est que pour faire l’intéressant. En plus, le Golfeur bichonne sa « Guelloufa ». Mis à part la sono, le Golfeur adore « Tuner » (customiser) sa voiture. Du chromage partout, des feux en Xénon, des jantes très flashy… En plus, le Golfeur assure à sa voiture une toilette quasi-quotidienne (Au « lavage »), car au final, seul un Golfeur peut comprendre sa « Guelloufa ».Oui, le Golfeur communique avec sa « Guelloufa ». Même Volkswagen n’aurait jamais imaginé qu’un humain pourrait un jour communiquer avec l’une de ses voitures, surtout la Golf qui est une compacte destinée à un large public. Mais le Golfeur arrive à le faire, et ce n’est pas étonnant l’entendre dire : « Ya Kho, quand je roule avec, tu sais, elle me demande d’aller plus vite. Âlabalek, Tonobile Almaniya, et son moteur te demande d’aller de plus en plus vite ». Et oui, la Golf demande au Golfeur de rouler plus vite et des fois, elle lui fait même du chantage : « Accélère ou je m’arrête ». Donc, quand vous apercevez un Golfeur arrêté sur la route, ce n’est pas que la Golf est en panne (H’belte, une voiture allemande qui tombe en panne !!), mais elle lui fait des caprices plutôt. C’est même la première voiture capricieuse de l’Histoire.

Donc, au final, le Golfeur n’est pas un être irresponsable, un fou du volant qui prend des risques inconsidérés, mais c’est la « Guelloufa » qui exige de lui de rouler vite. Et oui, aujourd’hui, la K2000 existe bel et bien. Mais contrairement à KIT, la « Guelloufa » ne protège pas le Golfeur, et l’incite à prendre des risques, juste pour répondre à ses caprices. C’est plutôt la Plymouth Fury « Christine » de Stephen KING.

Aujourd’hui, ce sont les funérailles du Golfeur (Allah Yerahmou). Oui, le Golfeur meurt jeune. Son espérance de vie est de 35 ans, et à trop vouloir répondre aux caprices de sa  « Guelloufa », le Golfeur prend de plus en plus de risque, et finit ainsi par s’écraser sur une balise de l’autoroute, par tomber d’un pont…

Amine B.

 

 

 

 

 

27 juin, 2009 à 17:01 | Commentaires (0) | Permalien


L’homme à la carte grise

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L’homme à la Carte Grise

On est en 2020, à Alger. Il est 18H quand je sors de mon bureau, après une dure journée de labeur. Je prends place dans ma voiture, une «Djamila » 1.6 TDI du constructeur automobile sino-algérien « Bouâlam Who », et j’actionne la machine à café (La « Djamila » est de loin la voiture la plus vendue en Algérie, car équipée de série de l’option : Machine à café). En 2020, la circulation est on ne peut plus lente à Alger, surtout en heure de pointe et par exemple, pour rentrer chez moi (d’Alger centre à Kouba), je mets quasiment 3 heures. Je mets les clefs sur le contact, j’allume la télé, je mets la chaîne algérienne N°20 et je démarre pour prendre le chemin de chez-moi.  Un quart d’heure plus tard, je suis sur le Boulevard Amirouche quand soudain, une personne jaillit  de droite sur la chaussée. Je freine comme je peux, mais la voiture ne s’arrête pas à temps, et je touche le passant. Mais rassurez-vous, rien de grave. Je l’ai juste « caressé ».  Donc, je sors de ma voiture pour voir si la personne a été gravement touchée quand un agent de police qui était juste au coin de la rue, vient m’intercepter.

-           Monsieur, vous avez enfreint le code de la route, le savez-vous ? me dit t-il. 

-           Oui, monsieur l’agent, je le sais. Mais heureusement que je l’ai vu à temps « ou Kherdjet Salamet ». Soyez clément, monsieur l’agent, « Yerham Waldik ».

-          Donnez-moi les papiers du véhicule, monsieur.

Je lui donne alors les papiers du véhicule. L’agent les contrôle puis se tourne vers le passant que j’avais touché et lui demande ses papiers : sa Carte Grise, son assurance, et son Permis de Circuler. Le policier prend les papiers de la personne, et lui demande de se tourner. Sur son Gilet était marquée son immatriculation : 100675-101-16. Alors, le policier nous rend nos papiers à tout les deux, et nous demande de faire un constat. Puis il me donne une contravention de 15 D.A (Oui, le Dinars a été réévalué en octobre 2016, et aujourd’hui, sa valeur est équivalente à celle du dollar américain) et me retire mon permis.

Effectivement, depuis l’explosion démographique qu’a connu l’Algérie durant ces quatre dernières années (notamment grâce à l’émergence économique de l’Algérie, et de ce fait l’amélioration du niveau de vie), Alger compte aujourd’hui près de 20 millions d’habitants. et même les grands ouvrages qui ont été réalisés à Alger (à savoir : les quatre lignes de Métro, les deux lignes de Tramway, les autoroutes : Est-Ouest, Nord-SUD,  des Hauts-plateaux) n’ont pas suffit à fluidifier la circulation.

Alors, les autorités qui étaient impuissantes face à ce phénomène, ont décidé d’enlever tous les trottoirs de la capitale, afin élargir les rues pour que la circulation devienne un peu plus fluide d’une part, et pour autoriser de façon officielle les piétons à circuler sur la chaussée, puisque ces derniers le faisaient déjà au temps des trottoirs, d’autre part. Et sachant que d’un point de vue réglementaire, chaque véhicule qui circule sur la chaussée doit être immatriculé, la Daïra a établi pour chaque piéton, une Carte grise, et le 15 Mars 2018 était voté le nouveau Code de la route algérien ; une version actualisée de l’ancien Code. Et les principales nouveautés qu’il contient sont les suivantes :

-          Tout Algérien doit passer les épreuves du « Permis de circuler » avant 9 ans, le temps que l’enfant apprenne à marcher et à lire. Pour passer ces épreuves, il faut au préalable et avant l’âge de 9 ans, s’inscrire à une « piéton école », pour apprendre le Code de la route, et faire ses 40 heures obligatoires de « circulation »assister d’un moniteur.  Cependant, l’âge légal pour passer son Permis de conduire est resté 18 ans.

-          Toute personne susceptible de circuler sur la chaussée doit être assurée auprès d’un organisme spécialisé. Ainsi, ces dernières ont trouvé un nouveau marché à investir, surtout pour sortir de la crise financière qui a secoué le monde en Décembre 2018, et toutes les compagnies les plus réputées en matière d’assurance se sont ruées sur l’Algérie,  un marché insaturable vue le nombre de piétons à assurer, et même plusieurs privés se sont lancés dans ce domaine.

-          Toute personne ayant obtenu son « Permis de circuler » doit impérativement s’inscrire dans les plus brefs délais au niveau de la Daïra, et ce afin d’obtenir sa Carte Grise et son « gilet de sécurité », et la Carte Grise doit contenir impérativement : le numéro de l’extrait de naissance n°12 qui fait office de numéro de série, ainsi que l’immatriculation du piéton. Aussi, le « gilet de sécurité » doit impérativement porter sur son dos le numéro d’immatriculation du piéton.

-          Toute personne circulant sur la chaussée doit se doter des équipements de circulation réglementaire :

-          Le gilet de sécurité : une sorte de gilet fluorescent et gonflable en cas de choc, qui permet au piéton d’être vu la nuit, d’un côté, et fait office d’Airbag pour en cas d’accident, d’autre part.

-          La ceinture de sécurité : une ceinture qui est mise avec le pantalon et qui a pour rôle de se gonfler en cas de choc aussi : c’est une sorte d’Airbag latéral.

-          Le casque : chaque piéton doit porter un casque pour se protéger la tête en cas d’accident.

-          Le phare : il doit être placé sur l’avant du casque, et permet une meilleur visibilité au piéton, surtout dans les emplacements à faible éclairage.

-          Le port obligatoire des documents légaux : il s’agit du Permis de Circuler et de l’assurance, et à chaque moment, les autorités compétentes peuvent exiger du piéton ces documents.

ü  Toute personne possédant le Permis de Circuler peut prendre avec elle au maximum deux personnes n’ayant pas le permis. Pour cela, il faut que les personnes qui accompagnent le piéton doivent impérativement être dotés des équipements réglementaires, et le piéton doit être doté d’un équipement supplémentaire : « les menottes » de sécurité et chaque « passager » doit être menotté à un bras du piéton.

Ainsi, aujourd’hui, plusieurs nouvelles sociétés ont vu le jour ; des sociétés spécialisées dans la vente d’équipements de circulation, et dans le « Piéton Tuning». Outre le fait qu’elles vendent les équipements réglementaires de circulation, ces dernières proposent même la possibilité de les customiser (personnaliser) comme à titre d’exemples : des gilets de sécurité personnalisés (en cuir, Jean), des ceintures de sécurité Levis, des casques « chromés », différents carénage, des phares en Xénon (Angel Eyes)…

 Amine B.

27 juin, 2009 à 16:58 | Commentaires (0) | Permalien


EL BOUKARI

EL BOUKARI construction-algerie« EL BOUKARI » dans le commun des mortels algériens, est terme qui désigne les maisons algériennes de style carrée (Bou-carrée). Ces maisons qui pullulent de nos jours en Algérie, sont la représentation du style architectural algérien « avant-gardiste », initié à la fin des années 70 et le début des années 80, le style « Hamizien ». Ce style est qualifié de « Hamizien » car expérimenté la première à El-Hamiz, un quartier de la périphérie d’Alger. Un style qui fait école aujourd’hui en Algérie, car c’est de loin le style le plus utilisé dans les nouvelles constructions en Algérie, surtout par les particuliers qui l’affectionnent d’une manière  très particulière, une affection due en grande partie au fait que ce style offre « une liberté d’expression artistique » sans limites aux « concepteurs », et c’est même l’un des principes fondateurs de l’école « Hamizienne ».

Pour les personnes qui ignorent ce style architectural (c’est très difficile de ne pas le connaître quand on est Algérien) ou pour celles qui veulent s’initier à ce style, nous allons essayer de vous citer à travers de cette chroniques, les différents principes  de l’école « Hamizienne », et qui sont :

-          « Liberté totale » d’expression artistique : L’un de ses principes fondateurs, ce style offre une liberté totale (liberté totale est souvent synonyme de chaos) d’expression artistique. En effet, ce n’est plus l’architecte qui conçoit « El Boukari » (et pourquoi ça serait seulement lui qui puisse le faire !), mais tout le monde peut mettre son grain de sel. Le proprio, sa femme, son frère, sa grand-mère, ses enfants, ses amis, la sœur de la voisine (j’espère que je n’ai oublié personne), absolument tout le monde est convié à apporter sa « touche artistique » à « El Boukari ». Si la femme du proprio veut que sa chambre (qui est au troisième niveau ) soit dotée d’une sortie qui donne directement vers l’extérieur (une porte avec des escaliers), le style « Hamizien » permet de répondre aux exigences de Madame. En plus, les « Boukari » sont modifiables. S’inspirant du principe « seuls les cons ne changent pas d’avis », le style « Hamizien » donne la possibilité de modifier « El Boukari »sans limite, et à la guise de « Proprio&Co. ». Il peut ajouter un étage ou deux ou « N » étages s’il l’enchante. Le style « Hamizien » ouvre la porte à une infinité de modifications qui fait de lui un style architectural extrêmement souple par rapport aux autres styles.

-          Le rôle prépondérant du Maçon : Dans « l’architecture Hamizienne », le Maçon (avec un M majuscule, Messieurs !!!) a un rôle central. En effet, il fait à la fois office de maître de l’œuvre (bureau d’architecte) et de maître de l’ouvrage (entrepreneur). Il fait absolument tout. Il assiste les « concepteurs » de la construction (le proprio & Co.), en leurs prodiguant de précieux conseils. En plus, le Maçon dans  « l’architecture Hamizienne », doit être un polytechnicien. Il endosse à la fois le rôle : d’architecte, de dessinateur bâtiment, de chef de chantier, de métreur-vérificateur, de topographe, d’architecte d’intérieur …etc. En bref, le Maçon du style « Hamizien », est un « génie ». Vu sa prépondérance dans ce style d’architecture, il serait plus sage de parler de style « Maçonal » que de style architectural.

-          Le minimalisme à l’extérieur : un principe antique de l’architecture en Algérie. En effet, un petit tour dans la Casbah d’Alger le confirme. De dehors, on dirait que toutes les maisons sont semblables. Ce n’est qu’après être entré à l’intérieur qu’on arrive à les différencier. Un principe relatif à la morale musulmane, pour que les riches n’offensent pas les pauvres. Mais le minimalisme n’est aucun cas synonyme de mocheté, et la Casbah qui est un bijou architectural, en est la parfaite illustration. Mais le style « Hamizien » va plus loin. En effet, si les maisons de la Casbah sont toutes bien finies, ce n’est pas le cas des « Boukari ». Ces dernières sont en général, soit en brique (sans crépissage), soit en couleur ciment (crépit mais pas peintes). Et sur leurs toits, on retrouve souvent des barres de fer qui dépassent, pour laisser la possibilité d’extension, au cas où « l’inspiration » revenait de nouveau au « Proprio & Co. ».

-          L’absence totale de VRD (voirie et réseaux divers) : même si le Maçon dans « l’architecture Hamizienne » est un vrai « génie », ce dernier n’arrive à assurer la fonction de « VRDiste ». En effet, dans les quartiers de «Boukari », il y’a une absence total de VRD (chaussée, éclairage,  système d’évacuation….) et dès que quelques gouttes de pluie tombent, la chaussée devient une sorte de marre de boue géante, impraticable que ça soit pour les personnes ou pour les voitures.

Les caractéristiques de « El Boukari » : Pour construire un « Boukari », il faut suivre des règles bien précises. Premièrement, et par définition, « El Boukari » se veut être une maison de forme cubique. En effet, la maison est construite sur toute la parcelle de terrain, et dépasse même des fois cette dernière. D’où  le fait qu’« El Boukari » ne soit pas dotée de jardin. « jamais de jardin », c’est la deuxième règle à respecter. Troisièmement, « El Boukari » doit être dotée de garages sur tout son rez-de-chaussée, qui serviront plus tard comme magasins et comme dépôts.  Quatrièmement, il faut qu’« El Boukari » ait plusieurs balcons. Cependant, ces balcons doivent servir que comme ornementation architecturale, comme dépotoir, ou comme un espace pour étendre le linge. Enfin, et comme cinquième règle de « l’architecture Hamizienne », il ne faut jamais finir sa maison, et ce afin laisser possibilité de modification et de changement. Effectivement, le principe de « liberté d’expression artistique » impose le changement, et fait ainsi de « l’architecture Hamizienne » un style en constante évolution.

Amine B.

13 juin, 2009 à 16:36 | Commentaires (0) | Permalien


EZ ZBEL

EZ ZBEL tizi


C’est l’histoire de Kadour, qui est avec son fils, Moh, en train de faire un tour dans la Capitale (Alger). Le petit veut des bonbons à tout prix, et n’arrête pas de le demander à son père. Néanmoins, Kadour qui est un brave père, s’arrête au premier kiosque qu’il rencontre durant sa balade pour acheter des caramels son fils, et ce pour répondre aux « caprices » de ce dernier. Moh ouvre sa « Halwa », la mange, et jette l’emballage par terre. Soudain, Kadour pique une colère noire, et exige à son fils de ramasser le détritus qu’il venait de jeter.

Je m’arrête.  Cette histoire ne serait t’elle pas on ne peut plus contradictoire ? Effectivement, cette dernière aurait pu tenir la route si je n’avais pas mis à son début, le mot « Alger » entre parenthèses (première phrase du paragraphe, après le mot Capitale). Cette histoire aurait pu se dérouler dans n’importe quelle Capitale du monde, mais en ajoutant cet « Alger », cette histoire sort de son contexte réaliste pour devenir plutôt du fantastique, peut-être même de la science-fiction.

D’autres suites plus « logiques » auraient pu faire l’affaire : par exemple, après que Moh ait jeté son détritus, Kadour  en rajoute une couche en jettant sa « Rafâa de Chemma » sur le trottoir, en l’accompagnant bien sure d’une « Bezqa » (crachat) très « liquide ». Une autre suite logique aussi aurait été peut-être : le fils ne jette pas l’emballage du bonbon, et après un bon bout de chemin, Kadour remarque que son fils a toujours l’emballage dans la main. Alors, Il s’énerve et dit à son fils d’une façon colérique « mais qu’est ce que tu fais avec cet emballage dans la main, « ya wled » ? ». Et son fils lui répond : « on nous appris à l’école, dans le cours de « tarbiya madanya » (éducation civique), de ne pas jeter les papiers par terre, parce que « Ennadhafa mina el Imen, wa el Wassekh mina Echaytane » (la propreté est synonyme de foi et la saleté est le fait du diable).  Alors, Kadour  en rage, s’emporte  et réplique à son fils d’une manière tonitruante : « comment vas-tu faire « ya Tnah » ? (Bitte d’amarrage à laquelle on attache les bateaux, qui veut dire « connard », puisque celle-ci ne sert à rien d’autre) Tu vas tenir ce papier toute la journée « ya Bghal » (tête de mule). Qu’est ce qu’on vous apprend à l’école ? « Essmaâ ya wled » (écoute), ici, t’es en Algérie. C’est « normal », « Fhamt !!» (Compris !!!). Alors jette ce papier tout de suite, c’est un ordre, OK. Vraiment, c’est incroyable, « Moukhek Yahbess » (ton cerveau s’arrête). La personne qui a dit « li Qra, Qra Bekri » (celui qui a étudié, l’a fait d’antan) ne s’était pas gourée ». Hélas, ces deux fins « plausibles » à l’histoire de départ confirment bel et bien que « Ez Zbel » (les ordures) est un problème on ne peut plus sérieux en Algérie.

Tout d’abord, comment peut-on définir « Ez Zbel » ?

1ère définition, tirée du dictionnaire « La brune » (une copine de « la rousse ») : ornementation indissociable de l’architecture algérienne.

2ème définition, cette fois-ci tirée du dictionnaire « La blonde » (une autre copine de « la rousse ») : cinquième élément constituant l’Algérie, à côté des quatre autres, à savoir : la terre, le feu, l’eau, et l’air.

3ème définition : le meilleur compagnon de l’Algérien, toujours à ses côtés.

En effet, partout où l’on va, « Ez Zbel » est là. Qu’on regarde à gauche, à droite, en bas, « Ez Zbel » est toujours présent. Même les plus intelligents qui se disent « ben nous, on regarde en haut (le ciel) » n’en réchappent pas : on trouve souvent des sachets d’ordures qui pendent sur les balcons, quand se n’est pas du « Zbel » qui descend sur nous. Même quand tu veux l’éviter, « Ez Zbel » vient vers toi. La dernière fois par exemple, j’étais à bord de ma voiture, roulant sur la rocade sud d’Alger, quand soudain, j’aperçois un demi-sandwich « complet viande Hrissa mayonnaise» jaillir de la fenêtre d’une Clio qui venait de me doubler.  Comment ai-je su que s’était un  « complet viande » ? C’est simple. Les quelques frites pleine de « Hrissa »sur mon pare-brise m’ont renseigné sur la contenance de ce sandwich.

Conclusion : Ayant une place permanente sur les paysages, « Ez Zbel » est devenu aujourd’hui une institution, et les Algériens sont même devenus accros.

Mais pour les amateurs de « Zbel », Alger le soir est une meilleure attraction que la journée. En effet, dès que le crépuscule « pointe du nez », juste avant le passage de « la ville d’Alger », des sachets de « Zbel » commencent à être mis devant toutes les devantures des magasins, des maisons, des cages d’escalier des bâtiments. Par exemple, à Sidi Yahia, quartier « huppé » d’Alger, les ordures sont même mises au milieu de la route.

 Pour les incollables du «Zbel », il existe un parc d’attraction, une sorte de « ZBEL LAND », Oued Smar : d’une superficie de quarante hectares, ce parc est doté de « montagnes russes », et on peut même s’amuser à faire de la luge ou du ski sur ses collines. C’est même parmi les « pics » de  montagnes qu’on arrive à distinguer de l’avion, dès que ce dernier commence à s’approcher d’Alger. Et pour ceux qui n’aiment pas les attractions, des cafés et des restaurants, « en plein air », sont disponibles, avec vue sur le train urbain d’Alger, et le somptueux « lac » d’El Harrach.

Pour conclure, imaginons qu’un jour, enfin, Alger devienne une ville propre. Je pense que plusieurs effets positifs se feront ressentir, en particulier deux. Primo,  si Alger devient propre, elle le restera. Pourquoi ? : Les algérois, du fait de leur ville soit propre, plutôt que de jeter leurs ordures dehors, les garderons chez-eux, et ce afin de créer des micro-décharges publiques chez eux, car accros au « Zbel ». Deuxio, si Alger devient propre, ça créera de l’emploi. Oui, je dis bien « ça créera de l’emploi », et un effet positif sur l’économie se fera ressentir. Comment ? : D’une part, « la ville d’Alger » afin de rendre Alger propre sera obligée de recruter plus personnel. D’autre part, de nouveaux business verront le jour. Des entreprises spécialisées dans la création de « décharges publiques » personnelles, à domicile. On pourra lire alors sur des panneaux d’affichages publicitaires des autoroutes, des slogans de ces sociétés, du genre : «  « Société SuperOrdure, votre Décharge sur mesure », « Société Zbel, Riha T’habel » (ordure, odeur qui rend fou), « Société Khmadj, Koul Wahed Yahtadj » (Saleté, chacun on n’a besoin)…

AMINE B.

 

 

7 juin, 2009 à 20:29 | Commentaires (0) | Permalien


EL MAREGUE

EL MAREGUE c72-chomeurD’abord, « EL MAREGUE » ne se lève pas tôt. Pourquoi se lever tôt alors qu’on peut se lever tard, surtout quand on est au chômage ? Oui, « EL MAREGUE » chôme. D’un niveau d’instruction souvent bas, les emplois qui lui sont normalement destinés ne l’intéressent pas. « Jamais  un MAREGUE  ne trimera », telle est sa devise. Il veut un poste de directeur, sinon « Walou ». En plus, il faut que ce poste vienne à lui, parce que le Maregue ne cherche jamais du travail. Déjà, dans le langage des Marguines, on n’utilise pas le mot « Khedma », mais plutôt « Tqerqiba ». « EL MAREGUE » donc, se réveille à midi. Il se lave, se regarde pendant une demi-heure dans le miroir tout en mettant du gel sur ses cheveux, puis prend son petit déjeuner que sa mère lui a préparé. Il se plaint à sa mère de ce qu’est l’Algérie, tout en lui racontant ses projets on ne peut plus phantasmatiques. Après, « EL MAREGUE » descend dans sa « Houma » (quartier), une « Houma » d’où il ne sort que très rarement. Destination : le café du quartier. Oui, « EL MAREGUE » boit du café. Une « Qahwa bien siri », généralement accompagnée d’une « Rafâa de Chemma » ou d’un « Garro RYM » (ou les deux à la fois). Cependant, le verre de « Qahwa » chez « EL MAREGUE », ce n’est pas un ustensile qui sert à contenir une boisson, mais plutôt un objet fétiche. Un élément indissociable de la « Mraga ». C’est comme un vêtement ou un bijou, un objet que « EL MAREGUE » porte constamment. Aussi, « EL MAREGUE » ne boit pas son café comme les autres : Primo, « EL MAREGUE » ne boit pas sa « Qahwa », il l’embrasse plutôt (« Y bousseha », comme il le dit si bien), et sa Qahwa lui dure toute une journée. Deuxio, « EL MAREGUE » « bousse » sa Qahwa extrêmement sucrée (4 à 5 cuillères de sucre), qu’on dirait du miel ou de la confiture de café. Avec un ou plusieurs de ses collègues « Marguines », « EL MAREGUE » tient « son Hit (mur) » de sa Houma. Un « Hit » à lui. Oui, « EL MAREGUE » « possède » un mur. En effet, toute la journée, « EL MAREGUE » siège au niveau de ce dernier. « EL MAREGUE » n’est pas seulement une personne qui habite dans le quartier, il fait partie du décor plutôt. A n’importe qu’elle heure (sauf tôt le matin), n’importe quel jour de l’année, « EL MAREGUE » est toujours présent au niveau de son « siège social ». Durant toute la journée, « EL MAREGUE » avec un ou plusieurs de ses collègues, s’adonne à différentes activités. Tout d’abords, « EL MAREGUE » fait des commentaires sur tout ce qui bouge (« yetbella »). Oui, « EL MAREGUE » est un commentateur hors pair. Doté d’une rhétorique inégalable, à chaque fois qu’une personne passe à côté de lui, « EL MAREGUE » fait un commentaire, « en live ». Sans même hésiter une seconde, « EL MAREGUE » te trouve la remarque adéquate sur le champ. Que ça soit sur les vêtements, la démarche, la coupe de cheveux, une caractéristique physique, n’importe quoi, « EL MAREGUE » te trouve un truc. Mais gare à celui qui répond à l’un de ses commentaires. Oui, « EL MAREGUE » est un « Waâer » (Il est fort). « EL MAREGUE » est toujours prêt à se battre dans sa 7ouma. Par contre, dès qu’il s’éloigne de cette dernière (très rare), « EL MAREGUE » devient on ne peut plus docile. Cependant, « EL MAREGUE » préfère « Yetbella » les filles. Jeune, âgée, ado, vieille, célibataire, mariée, étudiante, cadre, « moutahadjiba », civilisée, aucune fille n’en réchappe. Il leurs empoisonne la vie. Il n’empoisonne pas seulement la vie de « Bnat Enness », mais celle de ses sœurs aussi. Oui, « EL MAREGUE » a des sœurs. « EL MAREGUE » surveille à longueur de journée, leurs faits et gestes : comment elles s’habillent, où elles vont, à quelle heure elles rentrent, avec qui elles parlent au téléphone. Rien ne lui échappe, « EL MAREGUE » est  un détective d’une « intelligence supérieure », un « Colombo » toujours à l’affut. Sa devise : « Hlal â’lia ou Hram 3lik » (autorisé pour moi, interdit pour toi), c’est-à-dire, qu’il veut que ses sœurs ne fassent en aucun cas ce que lui voudrait faire avec les autres filles. Et de temps en temps, quand l’une de ses sœurs « déraille », il lui donne un « Kef » par ci, une gifle par là, pour la remettre sur « le droit chemin », que lui seul connaît. Oui, « EL MAREGUE » connaît beaucoup de choses. Dans tous les domaines. Généralement d’un QI (quotient «d’idiotie ») très élevé, « EL MAREGUE » a toujours raison sur tout, et n’accepte jamais qu’on lui donne des conseils. Des conseils, c’est lui qui en prodigue. En plus, de par sa « capacité intellectuelle élevée », « EL MAREGUE » adore se moquer des gens. Oui, le Maregue adore «Yetqaâed BeNass» (à Alger, il existe plusieurs appellations à cet « art » : Tguembir, Tahrache, Tmeskhir, Jib el Weqt, Y laguie …). Et toute la journée (et même toute sa vie), il est là à « faire venir le temps» (Jib el Weqt) des passants, tout en passant son temps. Oui, « EL MAREGUE » « assassine » son temps (Yeqtel el Weqt). Et toutes ses soirées, avec d’autres « Marguines », il les passe à tuer sa jeunesse à coup de « Zetla » (cannabis), de psychotropes, ou d’alcool, tout en discutant et en rêvant d’Occident. Sauf que « EL MAREGUE » est trop fainéant pour partir. C’est un « Mfecheche » (enfant gâté), qui rêve d’Occident, sans plus. Aujourd’hui, « EL MAREGUE » a 45 piges, ou peut-être plus. Il est toujours « La dar, La douar » (sans aucune situation). Il n’a plus de sœurs à embêter, puisqu’aujourd’hui, celles-ci se sont toutes mariées et ont quittées le domicile familial. Personne ne le supporte, sauf peut-être sa mère, car beaucoup de ses anciens collègues ont « démissionné » de leurs « poste » de « MAREGUE » et se sont fait des situations. Traînant toujours au niveau de son « Hit », « EL MAREGUE », aujourd’hui, est « monté en grade ». Oui, « EL MAREGUE » est devenu formateur. Afin d’éviter que son « espèce » disparaisse, « EL MAREGUE » forme des jeunes qui ont pratiquement la moitié de son âge ; des jeunes qui représentent la génération future des « Marguines »…

AMINE B.

7 juin, 2009 à 20:28 | Commentaires (0) | Permalien


La ZKARA

La ZKARA construction-algerie

C’est l’histoire de deux familles voisines, les Benzelt et les Bouâat, qui habitaient dans deux  villas coloniales mitoyennes, dans un quartier résidentiel de la capitale, réputé calme et chic.

La famille Benzelt est une famille nombreuse et pauvre, qui a hérité de la maison en 1962, après que les colons, chez qui le père de famille travaillait, aient quitté l’Algérie. Le père qui est ouvrier à la retraite, et la mère qui est une femme au foyer, ont sept enfants, plus précisément sept garçons, et ces derniers, qui n’ont pas un degré d’instruction élevé, sont tous au chômage, et n’ont eu pour seule alternative que de se spécialiser dans l’art très « terre à terre »  du « navigage » (en Algérien, cela veut dire : la débrouillardise).  Par contre, la famille Bouâat est une famille aisée, et leur maison a été achetée dans les années 70, par le père de famille qui est un entrepreneur riche. Sa femme travaille avec lui et ses deux enfants sont de riches hommes d’affaires.

Même si ces deux familles ne se côtoyaient pas beaucoup, question de classe, tout aller pour mieux entre celles-ci. Jusqu’au jour où l’aîné de la famille Benzelt, Ali  a voulu se marier. Du fait du peu de moyens dont il dispose, Ali, pour préparer le toit de sa future famille, entreprend de construire dans le jardin de la villa familiale, et construit un appartement 3 pièces, un « boukari » (Boucarée, en Algérois, c’est ce type d’horreurs architecturales, style « Hamizien » qui veut dire « maison de forme carrée », à ne pas confondre avec maison carrée ex El Harrach) sur toute la parcelle de terrain qui faisait office de jardin. Néamoins, la famille Bouâat, connaissant les problèmes de logement et de travail en Algérie, a été compréhensive, même si cette construction avait amoché un petit peu le cartier. Cependant, la famille Benzelt ne s’arrêtât pas là. Quelques mois plus tard, le deuxième fils de la famille, Bouâlam a commencé à bâtir son logement, au dessus de celui de son frère, et ce afin de se marier, aussi. C’est là que les gros problèmes ont commencé. En effet, cette construction allait  donner directement sur le jardin des Bouâat, un jardin si cher au père de cette famille. Ce dernier, pour arrêter cette construction, a tenté « d’appuyer » sur la famille Benzelt ( « Y 3abez 3lihoum», qui veut dire en Algérien, utiliser ses contacts), mais personne n’a pu répondre à ses doléances. Au même moment, un autre des sept frères, Moussa, qui en a eu marre de « naviguer » dans son cartier, a entreprit de créer un café Fast Food, au niveau du garage de la villa. Il s’en suivit directement les désagréments qui s’y affèrent : le bruit, les va et viens des gens, les odeurs d’huile de friture, les voitures qui barrent le passage, « la circulation » (encombrement) à côté de la maison.etc. Le père Bouâat n’en pouvait plus. Et c’est à ce moment là que la Zkara (un mot qui très difficile à traduire, qui veut dire en grosso modo, le fait de faire quelque chose exprès, dans le but de nuire à autrui)  a fait son entrée. En effet, le père Bouâat, qui ne pouvait plus utiliser son jardin, a commencé à construire sur ce dernier, et en deux temps trois mouvements, une bâtisse de trois étages a jaillit de terre, juste histoire de monter plus haut que son voisin. Dans la foulée, il convertit ses deux garages en dépôt, et chaque soir, des camions, des fourgons venaient décharger leurs marchandises au niveau de ces dépôts. Quelques mois après, Moussa, le propriétaire du café, entamât la construction de sa maison. On est à R+2. Après, c’était au tour de deux autres des sept frères de construire leurs appartements. On est à R+4. Le père Bouâat ne tardât pas à ajouter 2 étages à sa bâtisse, et ainsi monter encore plus haut que les Benzelt. Les trois autres des sept frères ne tardèrent pas pour construire leurs logements, et clore cette bâtisse à R+6, mais tout en laissant des bars de fer qui débordent du toit,  « au cas où ». Les Bouâat aussi ont continué le palmarès, pour atteindre une « villa » à 7 étages(R+7).  Mais la tragédie n’a pas mis longtemps à se produire. Durant une nuit d’automne, alors que le 7ème étage de la famille Bouâat faisait toujours  l’objet des dernières finitions, une zenzla (tremblement de terre) terrible a secoué Alger, et les deux Bâtisses s’effondrèrent, et les seules personnes des deux familles qui y survécurent sont les parents Benzelt, car ils occupaient toujours la maison coloniale.

AMINE B.

7 juin, 2009 à 20:27 | Commentaires (0) | Permalien


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